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Les temps sont durs

Beaucoup de boulot, alors les sorties s'espacent. Et les quelques sorties essuient ou bien des déconvenues, ou bien peu de choses à ramener dans sa besace.

Une grande déconvenue est ma dernière visite du côté de Grand Lahou en ce début Octobre 2014. Vu la période, je pensais observer beaucoup de limicoles paléarctiques à l'embouchure du fleuve Bandama, sur les petites iles et les bancs sablonneux plus ou moins découverts selon la marée. La surprise, c'est qu'une gigantesque partie de la barre sableuse de l'embouchure a disparu (l'érosion j'imagine, plus la "patte de l'homme" très certainement, à force), ce qui a fait augmenter énormément la largeur de la "passe"; au bout du compte, l'eau a monté d'une manière étonnante, l'eau à l'embouchure et vers l'intérieur est sans cesse mouvementée, à l'exception d'une, toutes les petites iles de la lagune attenante ont été englouties, il n'y a plus de bancs de sable, même à marée basse. Et résultat, à part les sternes (royales, caugek et caspiennes) et les guifettes habituelles, du Courlis Corlieu et du Bécasseau Sanderling posté sur la dernière île existante, il n'y a quasiment rien. Oui, bien sûr, un Balbuzard Pêcheur, espèce dont je ne me lasse jamais, mais bon...

Il n'y a plus de "HotSpot" à Grand/Vieux Lahou.

Les temps sont durs

Aux marais d'Assouinde, près d'Assinie, l'eau est toujours très haute... Car il ne semble plus y avoir de saisons, également en Côte d'Ivoire: on n'a jamais vu autant de pluie cette année, et ça continue, ça continue quasiment tous les jours. Cela empêche également la venue des limicoles; il y en a quand même mais il n'y a pas foule comme les années précédentes. Quelques Chevaliers Guignettes, Sylvains, Aboyeurs, et une poignée de Bécasseaux Cocorlis.

Le 31 août 2014, je suis quand même intrigué par un héron très sombre, et dont l'allure ne me dit pas grand chose. On s'approche, on va bien voir.

Aux jumelles, j'identifie une Aigrette Ardoisée. On approche, et elle est un peu fébrile. Elle s'éloigne à pieds au fur et à mesure de l'approche; puis s'envole un peu plus loin, pour se percher sur un piquet. Nous attendons un peu, et reprenons une lente navigation dans sa direction... et ça marche finalement, nous arrivons à environ une dizaine de mètres pour la photographier.

Il y a une trentaine d'années, l'espèce était considérée comme localement abondante sur certains marais côtiers, dont ceux de Grand Bassam (non loin d'Assouinde) à l'Est d'Abidjan, d'Azagny (près de Grand Lahou) et de San Pedro, à l'Ouest.

Pour parler de l'Est, je ne l'ai jamais rencontrée, que ce soit du côté de Bassam (mais l'ami Etienne en y a vu une en janvier 2013), ou d'Assouinde/Assinie où je suis allé très régulièrement depuis deux ans. On peut supposer que la distribution de l'Aigrette Ardoisée a bien changé en quelques décennies, direction le déclin.

Yep, le déclin ! Aussi pour mes observations sur la côte; il va falloir prospecter plus au nord du pays, à l'avenir, c'est promis.

Aigrette Ardoisée - Marais d'Assouinde, Côte d'Ivoire, 31 août 2014

Aigrette Ardoisée - Marais d'Assouinde, Côte d'Ivoire, 31 août 2014

Tag(s) : #Côte d'Ivoire

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